Retour sur les Rencontres Alumni 2026
Deux journées pour penser les trajectoires, partager les expériences et construire l’avenir
Les 15 et 16 janvier 2026, l’auditorium Cesária Évora à Rennes a accueilli les premières Rencontres Alumni du département musique du Pont Supérieur. Pendant un jour et demi, diplômés, étudiants et professionnels se sont retrouvés pour croiser leurs expériences, confronter leurs parcours et interroger collectivement les réalités des métiers de la musique aujourd’hui.
Intitulée « Trajectoires – Études, carrières et métiers de la musique », cette première édition s’inscrit dans un contexte national où l’insertion professionnelle est affirmée comme une priorité de l’Enseignement Supérieur Culture. Mais au-delà de cet enjeu institutionnel, ces rencontres ont surtout été l’occasion de donner chair aux parcours, de mettre des visages sur des trajectoires et d’ouvrir un dialogue intergénérationnel nécessaire.
Faire parler les parcours
Dès l’ouverture, l’ambition était claire : faire des diplômés les acteurs centraux de ces journées. Les séquences « Trajectoires » ont permis à plusieurs alumni de revenir sur leurs débuts professionnels, leurs choix, leurs bifurcations, leurs réussites comme leurs questionnements.
À travers ces récits se dessine un paysage professionnel pluriel. Peu de carrières linéaires, mais des combinaisons singulières : enseignement artistique, projets de création, directions d’ensembles, médiation culturelle, engagement associatif, entrepreneuriat artistique. Loin d’être vécue comme une contrainte, la polyactivité apparaît comme une compétence structurante. Elle suppose souplesse, capacité d’adaptation, sens de l’initiative — autant de qualités que la formation du Pont Supérieur contribue à développer.
La table ronde intitulée « Une école pour deux mondes : professeurs ou artistes ? » a prolongé ces échanges en interrogeant les identités professionnelles. Très vite, le débat a montré que cette alternative ne rend plus compte des réalités contemporaines. Les diplômés ne choisissent pas entre deux mondes : ils et elles naviguent entre plusieurs espaces, articulent transmission et création, stabilité et exploration, institution et initiative personnelle.
Ces discussions ont confirmé la pertinence d’un modèle de formation qui ne cloisonne pas les compétences mais les met en dialogue, dans une approche transversale des métiers.
Des projets qui relient culture, art et territoire
Les rencontres ont également donné à voir des projets concrets portés par les alumni. Ainsi, le projet « Voix des Femmes » à Sarcelles, à la croisée de l’art lyrique et des musiques traditionnelles, illustre la manière dont une initiative artistique peut devenir un espace de récit collectif et d’ancrage territorial.
Le Moris Orkestra, quant à lui, explore. Il teste un équilibre entre transmission, valorisation et identité. Ainsi, les liens entre patrimoine musical de l’océan Indien et répertoire orchestral, affirmant qu’innovation et tradition peuvent dialoguer sans s’opposer.
Ces initiatives témoignent d’une génération de musiciens engagée dans des dynamiques de création qui dépassent la seule performance artistique pour toucher aux enjeux sociaux, culturels et citoyens.
La musique au centre
Parce qu’il ne s’agissait pas seulement de parler de musique, mais aussi de vivre, les deux journées ont été ponctuées de temps artistiques : performances d’étudiants, vidéos de différents projets, déambulation finale avec le groupe Straed.
Ces moments ont rappelé avec évidence que la réflexion sur l’insertion professionnelle ne peut être dissociée de l’expérience sensible et vivante de la pratique musicale. La musique était ici non seulement objet de réflexion, mais moteur du rassemblement.
Penser ensemble les formations de demain
La seconde journée a ouvert un temps plus prospectif autour du thème « alumni et enseignement supérieur ».
Elle s’est articulée autour de la table ronde « Quelles formations pour quels métiers ? » des mini-ateliers de recherche-création, de débats, de restitutions et d’apports théoriques, tous ces échanges ont permis de faire émerger des pistes concrètes pour l’évolution des formations.
- Comment accompagner la polyactivité ?
- Comment intégrer davantage les compétences de gestion de projet et de coopération au sein de la formation ?
- Comment maintenir un haut niveau d’exigence artistique tout en préparant aux réalités contemporaines du secteur ?
Les diplômés apparaissent ici comme des partenaires essentiels de l’institution. Leurs retours d’expérience constituent un observatoire précieux et un levier stratégique pour ajuster en permanence les contenus pédagogiques.
Un événement soutenu par CulturePro dans une dynamique appelée à se prolonger
Ces premières Rencontres Alumni ont été rendues possibles grâce au soutien du dispositif CulturePro 2025 du ministère de la Culture, dédié au renforcement de l’insertion professionnelle dans l’Enseignement Supérieur Culture. Ce soutien a permis de structurer ce temps ambitieux de réflexion et de rencontre, en cohérence avec les priorités nationales.
Le Pont Supérieur remercie également le Conservatoire à Rayonnement Régional de Rennes pour la mise à disposition de l’auditorium Cesária Évora, ainsi que le Bureau des Étudiants du Pont Supérieur (BEPS musique) pour son implication dans l’organisation de ces journées.
Ces premières Rencontres Alumni ont posé les bases d’un réseau professionnel renforcé et d’un dialogue durable entre générations. Elles ont surtout confirmé qu’au-delà des diplômes, c’est une communauté qui se construit : une communauté engagée dans la transmission, la création et la réflexion collective sur l’avenir des métiers de la musique.
Plus qu’un événement inaugural, ces deux journées ouvrent un mouvement : celui d’une institution qui affirme pleinement sa responsabilité dans l’accompagnement des trajectoires professionnelles et dans la construction d’un espace commun entre formation et monde artistique.